Louise ne fit aucune réponse. Gustave répéta sa question.

—Mais, dit Louise, adressez-vous à madame Lefebvre; elle vous dira que vous l’avez envoyée me chercher dans tout Paris.

—Moi! s’écria Gustave en s’adressant à madame Lefebvre, laquelle venait d’entrer et faisait des signes d’intelligence à son maître. Moi! je vous ai dit, madame Lefebvre, de courir après madame? Je ne vous ai vue ni l’une ni l’autre: j’arrive.

La Lefebvre babultia quelques excuses, et rejeta la nécessité de son mensonge sur la crainte où elle était que madame ne restât trop long-temps dehors.—Et puis, ajouta-t-elle, je ne croyais pas bien utile à la santé de madame qu’elle passât la soirée dans une maison......

—Quelle maison? demanda Gustave.

Madame Lefebvre hésitait à répondre.

—La maison où est morte ma mère, dit Louise en se levant avec agitation, la maison où j’aurais dû rester, où j’aurais dû mourir, et d’où on m’a arrachée pour me rendre la plus malheureuse des femmes!

—Malheureuse!... répondit Gustave, malheureuse!.. croyez-vous donc que je sois bien heureux aussi, moi? Madame Lefebvre, laissez-nous.

Madame Lefebvre sortit.

—Vous vous dites malheureuse? continua Gustave. Mais à qui la faute? vous pleurez toujours.