—Si je pleure, c’est que j’ai sujet d’être triste apparemment.
—La belle chose! quand les sujets de tristesse vous manquent, vous les cherchez.... Je ne comprends rien à un caractère comme le vôtre. Par exemple, vous avez été dans la maison de votre mère? à quoi bon?
—Vous n’avez ni sentiment ni pitié, s’écria Louise exaltée par la douleur. «A quoi bon?» vous demandez à quoi bon une fille va revoir la maison où elle a perdu sa mère?....
—Le diable l’emporte! murmura Gustave, la voilà qui pleure encore.. il n’y a pas moyen d’y tenir.. Voyons, reprit-il avec plus de douceur, voulez-vous être raisonnable, et convenir franchement que vous en aller rue Bourbon-Villeneuve, c’était pour le moins fort inutile. Vous ne pouvez trouver là que de l’ennui, des émotions fatigantes, de la peine....
—Pas autant que j’en ai dans cette maison, toujours!
—Ma foi! c’est que je ne sais pas trop où vous n’en trouveriez pas, de la peine! vous courez après. Si j’avais pu me douter que vous voulussiez aller rue Bourbon-Villeneuve, certainement je m’y serais opposé de toutes mes forces.
—Vous m’auriez empêchée d’aller voir ma mère?
—Votre mère, non.... si, par bonheur pour vous et pour moi, elle existait encore; mais comme elle est morte, malheureusement, je vous aurais défendu de mettre le pied dans cette maison.... et je puis vous assurer qu’à compter de ce soir vous n’y retournerez plus.
—Vous croyez cela? dit Louise, eh bien! c’est ce qui vous trompe. Car demain je m’en vais, demain je vous quitte.... Sans madame Lefebvre, je ne serais pas même rentrée ce soir, voyez-vous? quand je suis sortie, c’était avec l’intention de ne plus revenir.
—Laissez donc! vous perdez la tête.