—Vous n’êtes pas encore partie? demanda nonchalamment Gustave.
—Je m’en vais, je m’en vais, monsieur, répondit Louise en souriant d’un air pénible. Puis elle ouvrit brusquement la porte.
Le docteur Thévenot la suivait en silence, s’inclinant déjà pour lui souhaiter d’être heureuse.
Tout à coup elle chancela, et d’une main s’appuya contre le mur. Le docteur la soutint.
—Qu’avez-vous? lui demanda-t-il avec empressement.
—Oh! ce n’est rien, répondit Louise en faisant des efforts d’estomac; ce sont des spasmes, le mal va se passer.
—Mais, dit le docteur qui l’examinait avec attention, ce mal vous a-t-il pris souvent?
—Hier pour la première fois, répondit-elle. Cette nuit, ce matin même... Mais c’est peu de chose; à présent je me sens mieux. Adieu, monsieur Thévenot.
—Qu’est-ce qu’elle a donc? cria impatiemment Gustave. Encore quelque sensiblerie calculée! Pour Dieu! docteur, laissez-la partir; je suis las de tout ce manége. Puisque madame veut s’en aller, qu’elle s’en aille une fois pour toutes, et qu’on n’en parle plus.
—Je m’en vais, monsieur, dit Louise, je m’en vais, trop heureuse de quitter un méchant et malhonnête homme comme vous.