CHAPITRE VIII.

Suivant la résolution qu’elle en avait prise la veille, Louise se rendit seule, à pied, dans l’église de Saint-Thomas-d’Aquin. Des pauvres, rangés sur deux files, se tenaient assis à chaque côté de la porte. Elle leur distribua de l’argent et elle leur dit:

—Priez Dieu pour moi.

A l’entrée de l’église, elle vit une femme dont le métier était de vendre et de faire brûler un cierge à l’intention des morts. Elle donna de l’argent à cette femme, et elle lui dit: Faites brûler un cierge pour le repos de l’ame de ma mère.

Puis elle s’en alla s’agenouiller dans un des coins les plus obscurs du temple. Là elle demeura plusieurs heures en prières, s’asseyant par intervalles, lorsque ses genoux ne pouvaient plus la porter.

Un prêtre qui sortait d’une petite chapelle voisine la rencontra au moment où elle se levait; il la vit si pâle et si faible, qu’il s’arrêta devant elle. Louise lui demanda quels prêtres dans cette église disaient les messes pour les morts. Il répondit qu’ils en disaient tous.—Ah! monsieur, murmura-t-elle, pourriez-vous en dire une tout de suite? je resterai ici à l’entendre. C’est pour ma mère.

Le prêtre, qui déjà se disposait à monter à l’autel, lui répondit:

—Recueillez-vous, madame: la messe va commencer.