—Et tu m’as nommée, malheureuse enfant?
—Mais, oui, je t’ai nommée... ma bonne Louise.
—Y a-t-il long-temps?
—Trois jours.
—Trois jours!.... Il est en route pour venir; il est à une lieue d’ici, peut-être... Oh! ma fille, ma fille, c’est toi qui m’as perdue!... On va t’arracher de mes bras, chère enfant..... Mon Dieu! mon Dieu!...
Julie, à qui les gestes et les cris de l’innocente faisaient peur, voulut s’éloigner; mais Louise, l’attirant avec force vers elle, se baissa, prit la tête de son enfant dans ses mains, et approchant sa figure de la figure de sa fille, qu’elle baignait de larmes:
—Regarde-moi, Julie, regarde-moi. Sais-tu qui je suis?
Julie hésitait à répondre.
—Ma fille, dis-moi qui je suis!
—Tu es ma bonne Louise...., répondit l’enfant, qui se contenait pour ne pas crier, car elle appréhendait que ses cris n’irritassent encore la folie de la pauvresse.