—Tais-toi, Julie, ne pleure pas, dit Louise épouvantée, n’appelle pas, ma fille..... Je suis ta mère..... ta mère!!!
Mais l’enfant, dans son effroi, opposait une vive résistance, les bras tendus vers Gustave...
Louise, échevelée, rapide, la tête perdue, luttant d’efforts contre sa fille qui se débat, qui la frappe au visage, s’élance hors du jardin, franchit le pont du ruisseau, monte les prairies et fuit en plaine avec sa proie.....
Derrière elle on entend:
—Arrêtez! arrêtez!
Julie ne cesse de crier:
—Au secours! la folle! la folle! à moi!
Louise épuisée de forces, mais non de courage, accablée sous le faix qu’elle emporte, trébuche, tombe... son enfant roule à côté d’elle....
Gustave, Célestin et le domestique sont près de l’atteindre.
Elle se relève, ressaisit son enfant, qui s’accroche aux pierres, aux brins d’herbe, la reprend dans ses bras, court quelques instans, après quoi elle retombe... mais cette fois elle n’a pas laissé échapper sa fille.