Elles sont tombées l’une et l’autre la face contre terre. Louise, qui croit pouvoir fuir encore, s’est retournée sur le dos, avec son enfant toujours entre ses bras.....

Gustave est devant elles; il se jette avec emportement sur Louise pour lui disputer leur fille.....

Mais Louise, Louise à la vue de Gustave furieux, a rassemblé toute son énergie, elle enlace sa fille comme dans un lien de fer.

—Elle est à moi, s’écrie-t-elle, tu ne l’auras pas!

Le domestique frappe et blesse Louise aux mains, tandis que Célestin s’efforce de dégager Julie, qu’il tire à lui par les jambes.....

—Assez! assez! dit Gustave, ne leur faites pas de mal.....

L’enfant, que Louise tenait par le milieu du corps, glisse sous les bras de sa mère éperdue..... Alors elle se raidit, elle se cramponne à la tête de sa fille, et le cou de Julie se trouve comprimé sous les deux poignets de Louise. La malheureuse presse, serre, étreint son enfant avec délire...

—Tu ne l’auras pas! répète-t-elle, elle est à moi, Gustave!... Oh! messieurs, dit-elle aux domestiques, laissez-moi ma fille, elle est à moi, ne me la prenez pas!

Léocadie accourait en ce moment. Louise l’aperçut et lui cria:

—Léocadie! au secours! défendez-moi!... Bonne Léocadie, empêchez-les de me prendre ma fille!