On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe,
On monte. Quelle est donc cette aube? c'est la tombe.
Où suis-je? dans la mort. Viens! un vent inconnu
Vous jette au seuil des cieux. On tremble; on se voit nu
Impur, hideux, noué des mille nœuds funèbres
De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres;
Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini
Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est béni,
Sans voir la main d'où tombe à notre âme méchante
L'amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante.