Et plus la parole est haute, plus elle a paru vaporeuse, nuageuse, vaine, ridicule, plus l’accomplissement est palpable, éclatant, visible, tangible, matériel.

Ce qui produit la ruine, les coups de couteau, les coups de fusil, les coups de canon, le meurtre, l’affolement, l’incendie, c’est le sourire moqueur d’un petit homme qui dit que les Saints sont des rêveurs et que les Prophètes sont des fous.


Me direz-vous qu’à la rigueur, l’ouvrier qui a travaillé le Dimanche, peut aussi travailler le lundi, et que par là, le cabaret est écarté avec ses conséquences.

Examinons, sans la discuter, cette hypothèse invraisemblable.

Si l’ouvrier qui a travaillé le Dimanche se repose le lundi, la société est sauvage.

Si l’ouvrier qui a travaillé le Dimanche travaille le lundi, la société est barbare.

XII

L’état sauvage consiste dans le développement arbitraire et injuste des fantaisies de l’individu. Dans l’état sauvage, la société ne protége personne contre personne, puisqu’elle n’existe pas. Elle est remplacée par la juxtaposition. Le plus fort opprime ou tue le plus faible. La sauvagerie est l’assassinat de tous par chacun.

L’état barbare consiste dans le développement arbitraire et injuste des fantaisies de la communauté. Dans la barbarie, la société ne protége personne contre elle-même, car elle n’existe pas ; elle est remplacée par la communauté. Le monstre, qui est le plus fort, et qui s’appelle tous, opprime et tue chacun. La barbarie est plus contraire au sentiment humain que la sauvagerie, parce que la collection, devenue oppressive, est plus stupide et plus féroce que l’individu. Le monstre tous, devenu furieux, affamé, dévorant, est plus impossible à instruire ou à attendrir qu’un individu ou qu’un animal. L’état barbare est plus contraire à la nature que la vie animale, ou végétative, ou simplement moléculaire.