La croix greffe un Dieu sur un homme, et nulle parole, même la plus exagérée en apparence, ne pourra dire ce qu’elle est.

Néanmoins, puisque la parole nous est donnée, disons d’elle quelque chose.

Le monde a été créé suivant les lois mathématiques aperçues par Dieu dans le Verbe. Le monde a été créé in numero, in mensurâ, in pondere.

In numero. Arithmétique, temps.

In mensurâ. Géométrie, espace.

In pondere. Poids, mouvement, attraction.

Il a été racheté par le même Verbe et suivant les mêmes modes. Il y aurait probablement entre les jours de la semaine créatrice et ceux de la semaine rédemptrice des analogies que Dieu sait.

In numero. Sciens quia tempus venit, nunc es hora vestra. Voici le temps, l’heure. La Rédemption s’accomplit dans le nombre, in numero. Mais cette heure est l’heure par excellence. Elle est l’heure centrale. Mon heure n’est pas encore venue, avait dit le Verbe au moment où il ne faisait encore qu’un miracle. Cette heure est placée au milieu des heures, au centre du temps. Elle résume le temps. L’AGNEAU a été égorgé dès l’origine du monde, et le sacrifice doit se renouveler sur l’autel jusqu’à la fin des temps.

In pondere. Quand je serai là-haut, j’attirerai tout à moi (omnia et non pas seulement omnes. Homines et jumenta salvabis). Je serai devenu le centre et par là l’attraction elle-même, la loi de l’attraction et le fait de la suprême attraction, l’aimant universel.

In mensurâ. Écoutons la géométrie nous parler de la croix. La géométrie, qui est la rigueur même, et qui par là semble ne rien devoir indiquer sans en faire à l’instant l’objet d’un théorème, a encore une fenêtre ouverte sur l’infini.