pour voir, pour rien, pour tout, pour qu’il me tue, pour qu’il te tue, pour qu’il te lâche à moi, dans l’autre vie ou dans celle-ci.

Et je suis las de cette vie de mensonge, qui me pèse tant quand tu n’es pas là, qui m’écrase sans excuse, sans consolation, quand nous ne sommes pas tous deux à noliser nos remords. Mais il est si gentil, si fraternel!

Et je pense trop à toi, en dehors de lui. Et je cherche trop à filtrer ses paroles, à filtrer sa présence pour n’en tirer, pour n’en garder à mes lèvres et à mon cœur que ce qui est à toi, que ce qui vient de toi.

Le soir tombe, la nuit commence qu’il achèvera avec toi, très loin, vers l’Italie.

C’est une nuit que je voudrais arrêter en sa longue course d’hiver, c’est une nuit que je laisse tomber et s’enfuir en soupirant, parmi mes sourires à Tortoze.

Et Tortoze me serre la main pour la dernière poignée de mains (c’est la centième). En le perdant, chérie, je te perds deux fois!


VII

ÉTRENNES LYRIQUES ET TRAGIQUES