Je deviens jaloux!

Vraiment.

Accessoire des amours nerveuses, accessoire des amours sans équilibre, accessoire du cotillon de folie, la jalousie m’enserre, me tient, ricane et revient. Et cependant, chérie, tu m’as conté les désirs qui glissèrent et que tu ne repoussas même pas, qui glissèrent sans t’atteindre et qui s’en furent, mélancoliques.

Mais je doute presque de moi, à ne plus te retrouver en toi, à te ressentir moins, à sentir que tu vibres moins et que tes ailes sont meurtries, à sentir que tu es si en chair, tellement chair et que le fantôme de ta beauté, je ne sais pas où il est.

Et tu n’as jamais été plus belle, belle cruellement, comme on tue et tu ne m’as jamais tant pris, ne prenant de moi que ce que tu me donnes, le corps.

J’ai mis notre amour au-dessus de tout, mais je mets au-dessus de notre amour la qualité de notre amour.

Tu m’as aimé, superbement en ta tendresse. Je me rappelle une lettre que je reçus de toi: tu étais jalouse d’une petite fille qui était tombée dans ma vie comme une pierre aux pieds d’un homme qui pense à autre chose, sans qu’on y fasse attention.

Quelle belle lettre! Elle commençait par «Toi, tu...» C’était un signe de possession, une estampille, une marque au fer rouge, c’était un baiser impérieux qui arrête, qui immobilise pour toujours, une morsure de tyrannie et c’était l’étreinte furieuse, avare, en trois mots.

Tu ne m’écrirais plus cette lettre-là.