Il menace!

Lève-toi, lève-toi, misérable! Je n’ai pas osé songer à toi depuis des semaines et des mois parce que j’avais peur de voir se lever, d’un coup, toutes les souffrances, toute la souffrance, les mortifications, les tortures que tu infliges à Claire, parce que tu étais le bourreau et le démon, et tu viens toi, ses larmes, tu viens toi, injures, tu viens toi, Mort.

Misérable! Tes affaires te rappelaient à Vichy, à Marseille, ailleurs et tu es resté à Paris, en travers du lit de Claire, étroitement, atrocement, tu l’as gardée, tu t’es acharné, tu as été le couteau.

Lève-toi! Va-t’en! Je t’ai toujours détesté. Il a fallu que Claire passât par toi pour me trouver. Elle me disait: «Quel malheur que nous ne nous soyons pas rencontrés il y six ans.» Elle avait tort. J’étais trop jeune. Nous ne nous fussions jamais rencontrés sans toi.

Tu lui as appris des dégoûts, des raffinements que je ne sais pas, tu l’as dépravée légalement, tu l’as usée, tu l’as ennuyée, tu l’as obsédée.

Et elle t’aimait, et elle t’aime, elle t’aime encore. Tu survis à notre amour, tu survis à son cœur, tu me survis, tu survis à notre éternité.

Je vais te crier tout cela. J’ouvre la bouche:

«...Tortoze!» dis-je...

Mais tu me fermes la bouche, tout de suite.