La mer ne se glace pas, petite: elle se fait plus lente pour mieux permettre à notre songe, à notre âme de s’enlacer sur elle.

Mais je ne voulus pas rompre le charme.

Je dis:

«La mer a autre chose à faire ou à ne pas faire. Elle ne sait pas ce que sont les joueurs. Le seul jeu qu’elle admette, c’est celui de la fatalité et de l’éternité. Elle ne pense pas, étant indolente et ne se prête pas à des pensées: elle est indulgente seulement aux rêves parce que les rêves voguent au-dessus d’elle, en ne la caressant qu’à peine, elle est indulgente aux désirs qui meurent sur elle et à l’amour qui a des ailes.»

Je parlais bas, en cette chapelle d’immensité.

La nymphe dit tout bas, elle aussi:

—Ah! l’amour!...

Ce mot-là vibra, frémit, résonna longtemps sur la mer. Il ne se dispersa, ne s’éteignit que peu à peu—et la mer en fut plus bleue et le silence s’en fit plus fervent.

L’ondine continua: