Et, un jour, il est sorti de ses phantasmes pour me tendre la main et pour me dire des phrases sans magie, des phrases de simplicité où il me promettait le succès, le triomphe et où il m’annonçait qu’un jour je mangerais à ma faim. C’était une rue large où je me sentais plus petit; des voitures roulaient autour de moi pour que je me sentisse plus à pied, c’étaient des librairies pour que sentisse que je ne pouvais pas acheter de livres et des brasseries pour me sentir plus à jeun.
Il m’offrit deux bocks, des rires sur ma copie—inédite—et du courage et il s’en fut, sa tâche faite. Je ne le retrouvai que bien plus tard et il me fut un compagnon aisé, un aîné très paternel.
Il me demande de travailler avec lui, là-bas.
Je sais que nous ne travaillerons pas.
Ce n’est pas le moment. L’été, la mer, sa fonction d’humoriste, ma peine d’amour, tout nous fera rêver, tout nous fera taire. Nous resterons de longues heures sans parler, devant la mer et nous serons tristes, lourdement.
Je m’achemine vers ma tristesse.
«Bonjour, Cahier.
—Bonjour, Maheustre!»
Nous nous serrons les mains, nous sourions, par habitude, nous souriant moins l’un à l’autre que souriant de la vie, des gens, des choses, de je ne sais quoi, souriant pour sourire et nous allons tout de suite voir la mer.