—Je ne t’aime pas assez.

—Encore! Tu viens de me raconter que, de ne m’avoir pas rencontrée avant-hier, tu es devenu aveugle, que mon absence hier t’a rendu fou: c’est bien, que veux-tu de plus?

—Toi d’abord.

—Tu m’as.

—Et je veux plus. De l’omnibus, pour ne pas faire attention aux voisins que tu me reproches, pour ne pas les laisser me parler, je causais avec Dieu. Je lui disais: «Fais-moi la grâce d’aimer celle qui m’aime. Je suis jaloux d’elle. Elle m’aime plus et mieux.»

—C’est vrai.

—N’est-ce pas? n’est-ce pas?

—Mais oui. Pourquoi m’obliger à t’aimer plus que tu ne m’aimes?

—C’est que tu es trop gaie. Tu ris. J’aurais voulu te voir triste pour les journées que nous avons perdues.