—C'est pour toi, déclara-t-elle, pour toi seul.

Il éclata de rire:

—Pour moi, ces soins, pour moi, cette perfection, pour moi ces câlineries? Non! non! On appelle ça une vocation, je crois? Tu étais née pour. Mais je te jure! Ça ne sera pas. Tu seras à moi, à moi seul.

Il s'était détaché et dressé. La volonté se levait contre la destinée, le jeune homme dominait la femme, son avenir, l'obscure trame de son sort: ses dents serrées, ses yeux, ses poings menaçaient, ordonnaient, défendaient.

Elle sourit.

—Quand je te le disais!

Mais il la prenait à son tour. Il lui saisit les cheveux et, d'une voix d'enfant, étonné en sa colère, et calmé:

—Oh! on croirait qu'ils ont la fièvre, tes cheveux!

Elle n'avait pas la fièvre. Ses cheveux brûlaient, par habitude.

Solennelle, elle mit sa main dans la main du jeune homme: