Et l'enfant criait dans sa main, à lui. La princesse chancelait. Antony la vit encore le regarder... Il entendit encore «Merci! Merci. Je t'aime. Tu ne m'as pas fait trop mal!..» Délivrée des liens terrestres, Clémentine-Alessandra ne songeait plus à l'enfant. Elle mourait en amour, doucement. Antony voulut la prendre, la guérir peut-être, mais l'enfant le paralysa. Et un cri lui échappa: une rage plus forte de la mer, un assaut plus puissant venait d'enlever le corps. Un appel, un appel surhumain lui tira le cœur: «Antony... Antony!»... puis, plus rien... La tempête, la foudre... Et la mer avait lavé le sang. Le cri s'étranglait dans sa gorge: «Chérie! chérie!»...

Des sanglots le surprirent. Gaël s'appuyait sur son épaule.

—Je l'ai tuée, je l'ai tuée!... bégaya Antony.

—Non. Je vous jure que non. Elle est morte. Il fallait qu'elle meure.

La mer ne rendrait pas sa proie. Clémentine-Alessandra avait disparu tout entière.

C'en était fait de tant d'espoirs, de tant de beauté: cette grâce, ce cœur, ce sublime, tout s'en était allé, dans une nuit de tempête, si brusquement....

Les deux hommes restaient muets devant le tombeau frénétique. Enfin Gaël caressa? l'enfant.

—Il vit! dit-il.

Et, simplement:

—Rentrons.