[Note 240: ][ (retour) ] V. de Vite, l. I, ch. viii.

Mort de Valentinien III. Pillage de Rome par Genséric.--Genséric se préparait à retirer tout le fruit des attaques incessantes des barbares, et l'occasion n'allait pas tarder à se présenter, pour lui, d'exercer ses talents sur un autre théâtre. En 450, Théodose II mourut et fut remplacé par Marcien; quelques mois après (27 novembre 450), Placidie cessait de vivre, et Valentinien III, débarrassé de sa tutelle, prenait en main un pouvoir pour lequel il avait été si mal préparé par son éducation. Après avoir commis de nombreuses folies, il tua, dans un acte de rage, Aétius son dernier soutien (454); mais peu après il fut à son tour massacré par les sicaires du sénateur Petrone Maxime, qui avait à venger son honneur: sa femme, objet des violences de Valentinien, s'était donné la mort. Maxime prit ensuite la pourpre et contraignit Eudoxie, veuve de l'empereur, à devenir son épouse [241].

Le roi des Vandales ne laissa pas échapper cette occasion, patiemment attendue, et il est inutile de savoir si, comme les auteurs du temps l'affirment, il répondit à l'appel d'Eudoxie. Après avoir équipé de nombreux vaisseaux, il débarqua en Italie une armée dans laquelle les Berbères avaient fourni un nombreux contingent. A son approche, Maxime se disposait à fuir, lorsqu'il fut massacré par ses troupes et par le peuple (12 juin 455).

Trois jours après, Genséric se présenta devant Rome et, bien qu'il n'eût éprouvé aucune résistance, la ville éternelle demeura livrée pendant quatorze jours à la fureur des Vandales et des Maures. Le vainqueur fit charger sur ses vaisseaux toutes les richesses enlevées aux monuments publics et aux habitations privées, et un grand nombre de prisonniers, membres des principales familles, qui furent réduits à l'état d'esclaves. Le tout fut amené à Karthage et partagé entre le prince et les soldats. Genséric eut notamment pour sa part le trésor de Jérusalem qui avait été rapporté de Rome par Titus. Il ramena en outre à Karthage Eudoxie et ses deux filles, et donna l'une de celles-ci en mariage à son fils Hunéric [242].

[Note 241: ][ (retour) ] Procope, 1. I, ch. iv.

[Note 242: ][ (retour) ] Ibid., 1. I, ch. v.

Suite des guerres des Vandales.--La conquête de Rome avait non seulement donné aux Vandales de grandes richesses, elle leur avait acquis la souveraineté de toute l'Afrique. Il y a lieu de remarquer à cette occasion combien le roi barbare fut prudent en ne restant pas en Italie, après sa victoire. Rentré dans sa capitale, il compléta l'organisation de son empire et s'appliqua à entretenir chez ses sujets le goût des courses sur mer, qui avaient ce double résultat de tenir les guerriers en haleine et de remplir le trésor. Les rivages baignés par la Méditerranée furent alors en butte aux incursions continuelles des corsaires vandales. Malte et les petites îles voisines du littoral africain durent reconnaître leur autorité; ils occupèrent même une partie de la Corse. Mais Récimer, général de l'empire d'Occident, ayant, été chargé de purger la Méditerranée de ces corsaires, fit subir aux Vandales de sérieuses défaites navales et les expulsa de la Corse.

En avril 457, l'empereur Majorien monta sur le trône. C'était un homme actif et énergique, et les Vandales ne tardèrent pas à s'en apercevoir, car il s'attacha à les combattre. Après leur avoir infligé de sérieux échecs, il se crut assez fort pour leur arracher l'Afrique. A cet effet, il réunit à Carthagène une flotte de trois cents galères et dirigea sur cette ville une armée considérable destinée à l'expédition (458).

A l'annonce de ces préparatifs, Genséric, qui avait en vain essayé, par des propositions de paix, de conjurer l'orage, se crut perdu. Pour retarder ou rendre impossible la marche de l'armée romaine, il donna l'ordre de ravager les Maurétanies. Mais ces dévastations étaient bien inutiles, et la trahison allait faire triompher sans danger l'heureux chef des Vandales. Des divisions habilement fomentées par ses émissaires dans le camp romain, amenèrent les auxiliaires Goths à lui livrer la flotte qui fut entièrement détruite. Majorien se vit forcé d'ajourner ses projets; mais en 462 il périt assassiné et, dès lors, Genséric put recommencer ses courses.

Il se rendit maître de la Corse et de la Sardaigne et poussa même l'audace jusqu'à porter le ravage sur les côtes de la Grèce. Pour venger cet affront, l'empereur d'Orient, qui se considérait encore comme suzerain de l'Afrique, fit marcher par l'Egypte une armée contre les Vandales, tandis qu'il envoyait d'autres forces par mer sous le commandement de Basiliscus.