Au mois de septembre 496, la mort termina brusquement sa carrière.

Règne de Trasamond.--Après la mort de Gondamond, son frère Trasamond hérita de la royauté vandale. Ce prince continua l'œuvre d'apaisement commencée par son prédécesseur, et, bien qu'il fût ennemi du catholicisme, il ne persécuta plus les sectateurs de cette religion par la violence, et se borna à chercher à les en détacher en offrant des avantages matériels à ceux qui étaient disposés à entrer dans le giron de l'arianisme et en refusant tout emploi aux autres. Mais il ne permit pas la réorganisation de l'église orthodoxe et il exila en Sardaigne des évêques qui s'étaient permis de faire des nominations.

Il resserra, dans le cours de son règne assez paisible, les liens qui unissaient la cour vandale à celle des Ostrogoths, et leurs bonnes relations furent scellées par son mariage avec Amalafrid, propre sœur de Théodoric. Cela ne l'empêcha pas en 510 de prêter son appui à Gesalic.

Cependant l'attitude des Berbères devenait de plus en plus menaçante: ce n'étaient plus des sujets rebelles, c'étaient des ennemis de la domination vandale qu'il fallait combattre. Dans la Tripolitaine, la situation était devenue fort critique. Vers 520, un indigène de cette contrée, nommé Gabaon, s'était mis à la tête des Berbères et attaquait incessamment la frontière méridionale de la Byzacène.

Trasamond fit marcher contre eux un corps de troupes composé en grande partie de cavalerie, et la rencontre eut lieu en avant de Tripoli; mais Gabaon employa contre eux une stratégie dont nous verrons les tribus arabes se servir fréquemment plus tard. Il couvrit son front, auquel il donna la forme d'un demi-cercle, d'une décuple rangée de chameaux et fit placer ses archers entre les jambes de ces animaux, tandis que le gros de ses guerriers et ses bagages étaient abrités au milieu de cette forteresse vivante. Lorsque les Vandales voulurent charger l'ennemi, ils ne surent où frapper, et leurs chevaux, effrayés par l'odeur des chameaux, portèrent le désordre dans leurs propres lignes. Pendant ce temps, les archers les criblaient de traits. Les guerriers de Gabaon, sortant de leur retraite, achevèrent de mettre en déroute leurs ennemis. De toute l'armée vandale, il ne rentra à Karthage que quelques fuyards isolés [250].

En 523, Trasamond cessa de vivre. On dit que, sur le point de mourir, il recommanda à son successeur Hildéric d'user de tolérance envers les catholiques.

[Note 250: ][ (retour) ] Procope, l. I, ch. ix.

Règne de Hildéric.--Hildéric, fils d'Hunéric, succéda à Trasamond. Son premier soin fut de rendre aux catholiques les faveurs du pouvoir et de s'attacher à les réconcilier avec les ariens. Dans ce but, il convoqua, en 524, à Karthage, un nouveau concile; mais, comme dans les précédents, il fui impossible aux évêques d'arriver à une entente, et la controverse à laquelle ils se livrèrent démontra une fois de plus l'impossibilité d'une réconciliation.

Amalafrid, veuve de Trasamond, était l'ennemie du roi; avec l'appui des Goths qui se trouvaient à la cour, elle tenta de susciter une révolte qui fut promptement apaisée. Arrêtée, tandis qu'elle cherchait, avec ses adhérents, un refuge chez les Maures, elle fut jetée en prison; les Goths furent exécutés, et elle-même périt quelque temps après de la main du bourreau. Il en résulta une rupture avec les Ostrogoths d'Italie; mais ceux-ci étaient trop occupés chez eux pour qu'on eût lieu de les craindre.

Hildéric se rapprocha alors de la cour d'Orient. Justinien, avec lequel il s'était lié pendant son séjour à Constantinople, venait de monter sur le trône. Il sollicita son appui et ne craignit pas de faire envers lui hommage de vassalité. Pour lui prouver son zèle, il voulut que ses propres monnaies portassent l'effigie de l'empereur.