[Note 273: ][ (retour) ] M. D'Avezac place cette localité vers Tifech (Afrique ancienne, p. 250). M. Ragot, qui appelle cette localité Scales Veteres, pense, en raison de la présence d'Orthaias, roi du Hodna, qu'elle devait se trouver au sud de Constantine (loc. cit., p. 303).
Expéditions de Salomon.--En 539 Germain fut rappelé par l'empereur et remplacé par Salomon élevé, pour la seconde fois, aux fonctions de gouverneur. Son premier soin, dès son arrivée en Afrique, fut de reprendre l'organisation de l'expédition de l'Aourès, que la révolte avait interrompue trois ans auparavant. Pour s'assurer la neutralité des Maures de la Byzacène, il aurait, paraît-il [274], attribué à Antalas, le commandement de tous les Berbères de l'est, en lui assignant une solde et le titre de fédéré. Au printemps de l'année suivante, il se mit en marche. La campagne débuta mal. Un officier du nom de Gontharis, ayant poussé une reconnaissance jusque sur l'Ouad-Abigas, se heurta à un fort rassemblement et fut contraint de chercher un refuge derrière les murailles de la ville déserte de Baghaï. Les indigènes, se servant des canaux d'irrigation, purent inonder son camp et rendre sa situation intolérable. Il fallut que Salomon lui-même vînt le délivrer. Puis les troupes byzantines, pénétrant dans la montagne, mirent en déroute Yabdas et ses Berbères, malgré leur grand nombre et la force des positions qu'ils occupaient.
Le roi maure s'était réfugié à Zerbula. Salomon vint l'y bloquer, après avoir ravagé Thamugas. Forcé de fuir encore, Yabdas gagna Thumar, «position défendue de tous côtés par des précipices et des rochers taillés à pic». Le général byzantin l'y relança et, ne pouvant songer à l'escalade, dut se contenter de bloquer étroitement l'ennemi. Ce siège se prolongea et les troupes souffraient beaucoup du manque d'eau et de provisions, lorsque des soldats réussirent à s'emparer d'un passage mal gardé par les Maures: secondés par un assaut de l'armée, ils parvinrent à enlever la position. Yabdas blessé put néanmoins s'échapper et se réfugier en Maurétanie.
Cette fois les Byzantins étaient maîtres de l'Aourès; ils y trouvèrent les trésors du prince berbère. Après avoir fait occuper deux points stratégiques dans ces montagnes, Salomon se porta dans le Zab et de là dans le Hodna et la région de Sitifis, forçant partout les indigènes à la soumission et relevant les ruines des cités et des forteresses. Le souvenir de ses travaux dans la région sitifienne a été conservé par les inscriptions. Zabi [275], la métropole du Hodna, fut réédifiée par lui et reçut le nom de Justiniana [276] De là, Salomon s'avança sans doute, vers l'ouest, jusque dans la région du haut Mina, car le récit de cette expédition se trouve retracé sur une pierre, dont l'inscription est relatée par les auteurs arabes [277] et a été retrouvée près de Frenda.
[Note 274: ][ (retour) ] Tauxier, Notice sur la Johannide (Rev. afr., n° 118, p. 293).
[Note 275: ][ (retour) ] Actuellement Mecila.
[Note 276: ][ (retour) ] Poulle, Rev. afr., n° 27, pp. 190 et suiv.
[Note 277: ][ (retour) ] Ibn-Khaldoun, trad. de Slane, t. I, p. 234, II, p. 540.
Ainsi Salomon acheva la conquête de l'Afrique que Bélisaire avait enlevée aux Vandales, mais qu'il fallait reprendre aux indigènes. Une tradition berbère qui annonçait la conquête de l'Afrique par un homme sans barbe se trouva réalisée, car on sait que Salomon était eunuque et avait le visage glabre. Après avoir terminé les opérations militaires, le gouverneur s'appliqua à régulariser la marche de l'administration et mérita par sa justice la reconnaissance des populations depuis si longtemps opprimées.
Révolte des Levathes. Mort de Salomon.--En 543, l'empereur détacha la Pentapole et la Tripolitaine de l'Afrique; il, s'était appliqué à relever les villes de la Cyrénaïque de leurs ruines et plaça à la tête de cette province, comme gouverneur de la Pentapole, Cyrus, neveu de Salomon. Sergius, autre neveu de Salomon, reçut le commandement de la Tripolitaine, où se trouvait toujours Pudentius.