[Note 267: ][ (retour) ] Procope, De bell. vand., 1. II, cap. xii.
[Note 268: ][ (retour) ] Au sud de Constantine, à Aïn-el-Bordj, non loin du village de Sigus.
[Note 269: ][ (retour) ] Cet épisode a été rappelé par M. Poulle dans le Recueil de la Soc. arch. de Constantine, 1878, p. 375.
[Note 270: ][ (retour) ] La rivière de Khenchela, selon Ragot (loc. cit., p. 301).
[Note 271: ][ (retour) ] Le Djebel-Chelia.
Révolte de Stozas.--Au printemps de l'année 536, Salomon préparait une grande expédition contre l'Aourès, lorsqu'il faillit tomber sous le poignard de ses soldats révoltés. La sévérité des mesures prises contre les Ariens paraît avoir été la cause de cette rébellion à la tête de laquelle était un simple garde nommé Stozas.
Salomon, après avoir échappé aux révoltés, parvint à s'embarquer et à passer en Sicile, où Bélisaire avait été envoyé depuis l'année précédente par l'empereur. La soldatesque, qui s'était livrée à tous les excès, fut réunie par Stozas dans un camp, non loin de Karthage. Les Vandales, des aventuriers de toute origine y accoururent et bientôt Stozas se trouva à la tête de huit mille hommes, avec lesquels il marcha sur Karthage. Mais en même temps, Bélisaire débarquait en Afrique, avec un corps de cent hommes choisis. La présence du grand général ranima le courage de tous et fit rentrer les hésitants dans le devoir. Ayant formé un corps de deux mille hommes, il marcha contre les rebelles qui rétrogradèrent jusqu'à Membresa, sur la Medjerda [272], et leur livra bataille. Mais les soldats de Stozas se dispersèrent dans toutes les directions, après un simulacre de résistance.
Bélisaire voulait s'appliquer à tout remettre en ordre dans sa conquête, lorsqu'il apprit que son armée venait de se révolter en Sicile. Contraint de retourner dans cette île, il laissa le commandement de l'Afrique à deux officiers: Ildiger et Théodore. Aussitôt Stozas qui se tenait à Gazauphyla, à deux journées de Constantine, dans la Numidie, où les fuyards l'avaient rejoint, releva la tête. Le gouverneur de cette province marcha contre lui, à la tête de forces importantes, mais Stozas sut entraîner sous ses étendards la plus grande partie des soldats byzantins. Les officiers furent massacrés et le pays demeura livré à l'anarchie (536).
Germain, neveu de l'empereur, fut chargé de rétablir son autorité en Afrique. Étant arrivé, il s'appliqua à relever la discipline et à reconstituer son armée. Il en était temps, car Stozas marchait sur Karthage et ne se trouvait plus qu'à une vingtaine de kilomètres. Germain sortit bravement à sa rencontre et, comme Stozas avait en vain essayé de débaucher ses soldats, il n'osa pas soutenir leur choc et se mit en retraite poursuivi par Germain jusqu'au lieu dit Cellas-Vatari [273]. Là, se tenaient Yabdas et Orthaias avec leurs contingents, et, comme Stozas croyait pouvoir compter sur leur appui, il offrit la bataille à Germain; mais ses soldats, sans cohésion, ne tardèrent pas à plier, ce que voyant, les deux rois maures se jetèrent sur son camp pour le livrer au pillage et achevèrent la déroute de son armée. Stozas se réfugia dans la Maurétanie et Germain put s'appliquera rétablir l'ordre en Afrique.
[Note 272: ][ (retour) ] A Medjez-el-Bab, à 75 kil. de Karthage.