[Note 291: ][ (retour) ] Voir l'ouvrage sur la Kabylie, de MM. Letourneux et Hanoteau. Voir aussi: Coutumes kabyles, par M. Féraud (Revue africaine, nos 34, 36, 37, 38).

[Note 292: ][ (retour) ] T. I, p. 199 et suiv.

Groupement et situation des familles de la race.--Les auteurs arabes ont divisé les Berbères en deux familles principales: les Botr, descendants de Madghis-El-Abter, et les Branès, descendants de Bernès. Les Zenata, qui sont quelquefois placés à part, sont compris en général dans les Botr. Mais ces distinctions, qui ont pu avoir leur raison d'être à une époque reculée, sont devenues bien arbitraires, par suite du mélange intime des divers éléments et de la constitution d'une race unique. A peine peut-on placer à part les tribus de race Zénète, qui semblent présenter des différences de traits et de mœurs avec les vieux Berbères, et paraissent d'origine plus récente. Nous admettrions volontiers qu'elles sont le produit d'une invasion venue de l'Orient, car elles se sont insinuées comme un coin au milieu de la vieille race, et se tiennent sur la limite du désert, prêtes à pénétrer dans le Tel, comme le feront les Arabes Hilaliens quatre siècles plus tard.

Renonçant à reproduire les généalogies plus ou moins ingénieuses des auteurs arabes, nous ne tiendrons compte que de la situation générale de la race au moment que nous avons atteint, et, à défaut d'autre classification, nous proposerons de diviser les Berbères en trois groupes principaux de la manière suivante:

1° Berbères de l'est ou Race de Loua [293], représentant les anciens Libyens, les Ilasguas et Ilanguanten de Procope et de Corippus. Elle couvre le pays de Barka, la Tripolitaine et ses déserts, et le midi de la Tunisie.

2° Berbères de l'ouest ou Race Sanhaga [294], répondant aux Gétules et aux Maures. Elle s'étend sur les deux Mag'reb, et leur désert jusqu'au Soudan.

Race Zenète. Elle est établie dans le désert, depuis l'ouest de la Tripolitaine jusque vers le méridien d'Alger, en couvrant partie de l'Aourès, l'Ouad Rir', le Zab méridional et les hauts plateaux du Rached (Djebel Amour) [295].

[Note 293: ][ (retour) ] Selon les auteurs arabes Loua est l'ancêtre des Louata, des Nefzaoua, des Ourfeddjouma, etc. Voir Ibn-Khaldoun, t. I, p. 171, citant Ibn-Hazm et Ibn-el-Kelbi.

[Note 294: ][ (retour) ] Telle est l'orthographe la plus régulière de ce nom.

[Note 295: ][ (retour) ] Jean Léon l'Africain, qui avait des notions très précises sur les populations africaines, divise les «blancs d'Afrique» en cinq peuples: Sanhagia, Masmuda, Zénéta, Haoara et Gumera (t. I, p. 86 et suiv.).