Ainsi était répartie la race berbère dans l'Afrique septentrionale.
Il restait en outre quelques débris de la population coloniale dans le nord de l'Ifrikiya et aux alentours des postes occupés par les Byzantins.
Les Arabes. Notice sur ce peuple.--Le peuple arabe devant désormais mêler son histoire à celle de là Berbérie, il convient encore, avant de reprendre notre récit, d'entrer dans quelques détails sur cette nation.
La population de l'Arabie était divisée en deux groupes distincts:
1° Les Arabes de race pure ou ancienne, descendant, selon les généalogistes, de Kahtan, le Yectan de la Bible. Établis depuis une haute antiquité dans la partie méridionale du pays, l'Arabie heureuse, l'Iémen, ils formèrent deux grandes tribus, celles de Kehlan et de Himyer. On les désignait sous le terme général d'Iéménites;
2° Et les Arabes de race mélangée, descendants de Adnan, et beaucoup plus nombreux que les précédents. Ils ont formé les tribus de Moder, Rebïa, Maad, etc.... Nous les désignerons sous le nom de Maadites. Ils occupaient les vastes solitudes qui s'étendent de la Palestine à l'Iémen, ayant au centre le plateau du Nedjd et le Hedjaz sur le littoral [296].
[Note 296: ][ (retour) ] Voir Abou-l-feda, Rois des Arabes avant l'Islamisme.--Hamza d'Ispahan, Annales des Himyérites.--En-Nouéïri, Histoire des rois de Kahtan.--Messaoudi, Les prairies d'or.--Ibn-Khaldoun, Histoire des Berbères et Prolégomènes.--Ibn-El-Athir, Histoire, passim.
Une rivalité implacable divisait ces deux races et nous verrons ces traditions de haine les suivre en Afrique et en Espagne. C'est que la première, habitant des régions fertiles, établie en partie dans des villes, se livrait à la culture et au commerce et vivait dans l'abondance; tandis que l'autre, réduite à l'existence précaire du nomade, dans des régions désertes, n'avait d'autre ressource, en dehors du produit de maigres troupeaux, que la guerre et le brigandage. Cette rivalité n'avait au fond d'autre mobile que le combat pour la vie.