[Note 414: ][ (retour) ] Ibn-Khaldoun, Berbères, t. II, p. 563. En-Nouéïri, p. 401. Kartas, p. 18. El-Bekri,. Idricides.

Fondation de Fès par Edris II.--A Oulili, le jeune Edris grandissait au milieu des intrigues encouragées par son jeune âge et son inexpérience. Un certain nombre d'Arabes étaient venus, tant de l'Espagne que de l'Ifrikiya, lui offrir leurs services et avaient été bien accueillis par lui; l'un d'eux, Omaïr-ben-Moçaab, avait même reçu le titre de vizir en remplacement d'Abou-Yezid [415].

Ainsi l'influence arabe dominait à Oulili et allait pousser Edris à un acte autrement grave. En 808, il fit mourir Abou-Leïla-Ishak, chef des Aoureba, qui avait été le protecteur de son père et le sien. Il est probable que ce chef avait laissé entrevoir son ressentiment de la protection accordée aux Arabes. Ibn-Khaldoun, pour excuser l'ingratitude d'Edris, prétend qu'il avait découvert que ce chef entretenait des intelligences avec l'ar'lebite Ibrahim [416]. Les Berbères, froissés dans leurs sentiments les plus intimes, supportèrent cependant ces injustices sans protestation.

Edris II, voyant chaque jour sa puissance s'accroître, jugea que sa résidence d'Oulili ne lui suffisait plus et résolut de construire une capitale digne de son empire. Après avoir cherché longtemps, il se décida pour un emplacement traversé par un des affluents du Sebou, et occupé par des Berbères de la tribu de Zouar'a. La nouvelle ville se trouvait ainsi divisée naturellement en deux quartiers. Edris jeta en 808 les fondements de celui qui devait être appelé «des Andalous», et, l'année suivante, il fit construire l'autre, nommé plus tard «des Kaïrouanites». Il dota sa capitale de nombreux édifices et notamment de la mosquée dite «des Chérifs».

Lorsqu'Edris eut atteint sa majorité, c'est-à-dire vers 810, les tribus berbères lui renouvelèrent leur serment de fidélité, et il reçut la soumission des principales contrées du Mag'reb [417].

[Note 415: ][ (retour) ] Kartas, p. 30.

[Note 416: ][ (retour) ] Berbères, t. III, p. 561.

[Note 417: ][ (retour) ] Bekri, Idricides.

Révoltes en Ifrikiya. Mort d'Ibrahim.--Pendant ce temps, Ibrahim-ben-el-Ar'leb était encore aux prises avec la révolte. Les miliciens arabes avaient vu, avec beaucoup de jalousie, les précautions prises contre eux par le vice-roi; lorsqu'il se fut établi définitivement à El-Abbassïa, sous la protection de sa garde noire, leur irritation ne connut plus de bornes, et bientôt le général Amrane donna le signal de la révolte (811). Maître de Kaïrouan, il appela à lui tous les mécontents et vint assiéger Ibrahim dans sa forteresse.

Pendant un an, on combattit sans grand avantage de part et d'autre. Enfin Ibrahim, ayant appris qu'on lui envoyait d'Egypte un secours en argent, dépêcha son fils, Abd-Allah, vers Tripoli pour arrêter la somme au passage. Puis il fit répandre la nouvelle de la prochaine arrivée des fonds. Aussitôt la milice, qui n'avait pas touché de solde depuis qu'elle avait embrassé la cause de la révolte, commença à s'agiter dans Kaïrouan, et Amrane, dépourvu de ressources, se convainquit qu'il ne pouvait plus lutter contre ce nouvel ennemi. Il sortit nuitamment de la ville et courut se réfugier dans le Zab.