[Note 432: ][ (retour) ] Amari, t. I, p. 294 et suiv.
Mort de Ziadet-Allah.--Son frère Abou-Eïkal-el-Ar'leb lui succède.--Pendant que la Sicile était le théâtre de ces événements, le rebelle Abd-es-Selam continuait à tenir la campagne en Ifrikiya. Un certain Fadel ayant, en 833, levé l'étendard de la révolte, dans la péninsule de Cherik, Abd-es-Selam opéra avec lui sa jonction; mais les troupes du gouverneur les mirent en déroute, et la paix se trouva enfin rétablie d'une manière définitive (836).
Le vice-roi put alors se consacrer entièrement à la direction de la guerre sainte et aux travaux d'embellissement qu'il avait entrepris à Kaïrouan. Selon En-Nouéïri, il rebâtit la mosquée qui avait été construite par Yezid-ben-Hatem, fit établir un pont à la porte d'Abou-Rebia et compléta les fortifications de Souça. Le 10 juin 838, la mort vint le surprendre au milieu de ces travaux. Il était âgé de cinquante et un ans et avait exercé le pouvoir pendant vingt et un ans, sept mois et huit jours. Malgré les difficultés toujours renaissantes contre lesquelles il avait eu à lutter, son règne, illustré par la conquête de la Sicile, fut un des plus glorieux de sa dynastie. Ce prince, après s'être montré cruel et injuste, donna, sur la fin de son règne, de beaux exemples de générosité et de grandeur de caractère; seule, la milice ne pouvait trouver grâce devant lui. Il était doué d'un esprit cultivé et faisait assez bien les vers, mais sa passion pour le vin le poussait trop souvent à commettre des excentricités. C'est ainsi que, se trouvant un jour en état d'ivresse, il adressa au khalife El-Mamoun des vers inconvenants et menaçants qu'il s'empressa de désavouer quand il eut repris son bon sens. Son frère Abou-Eïkal-el-Ar'leb, surnommé Khazer, lui succéda [433]. Il était depuis longtemps son premier ministre.
[Note 433: ][ (retour) ] En-Nouéïri, p. 412. El-Kaïrouani, p. 84. Ibn-Khaldoun, Histoire de l'ifr. et de la Sic., p. 110.
Guerres entre les descendants d'Edris II.--Dans le Mag'reb, la guerre n'avait pas tardé à éclater entre les fils d'Edris II. Aïça, à Azemmor, s'était d'abord mis en état de révolte. Mohammed, usant de son droit de suzeraineté, chargea alors ses frères El-Kassem et Omar de le combattre; mais ce dernier seul y consentit. Ayant marché contre le rebelle, il le mit en déroute, le força à se réfugier à Salé et s'empara de ses états. Il reçut ensuite de Mohammed l'ordre de réduire son autre frère El-Kassem qui persistait dans sa désobéissance et, lui ayant fait subir le même sort, adjoignit encore sa province à la sienne, de sorte qu'il se trouva en possession de toutes les régions maritimes de l'Océan. El-Kassem se réfugia dans un couvent auprès d'Azila et se consacra entièrement à la dévotion.
Omar, qui paraissait avoir hérité des qualités guerrières de son père, mourut prématurément en 835. Ce prince est l'aïeul de la dynastie des Edrisides-Hammoudites,, dont nous aurons à parler plus tard; son fils Ali lui succéda.
L'année suivante (836), Mohammed cessa de vivre, à Fès, laissant un fils nommé Ali, âgé seulement de onze ans, auquel les Aoureba prêtèrent serment de fidélité [434]. Ainsi disparaissaient, l'un après l'autre, les chefs de cette brillante famille et se fractionnait l'empire fondé par Edris. Les survivants régnèrent obscurément dans leurs provinces, et comme les événements de leur histoire ne présentèrent rien de saillant pendant quelques années, nous cesserons pour le moment de nous occuper des Edrisides.
[Note 434: ][ (retour) ] Ibn-Khaldoun, Berbères, t. II, p. 564. El-Bekri, Idricides.
Les Midrarides à Sidjilmassa.--A Sidjilmassa, les Beni-Ouaçoul continuaient à exercer le pouvoir; El-Montaçar-el-Yaçâa, surnommé Midrar, qui avait succédé à Abou-l'Kacem, subjugua les Berbères du Sahara, rebelles à son autorité, et conquit les mines de Deraa, dont il se fit attribuer le cinquième. Ce prince donna un véritable lustre à sa dynastie qui fui désignée sous le nom de Beni-Midrar. Il rechercha l'alliance des Rostemides de Tiharet et obtint une de leurs filles en mariage. Les Kharedjites persécutés par les Edrisides trouvèrent, à Sidjilmassa, un refuge assuré. El-Montaçar était occupé à entourer sa capitale de retranchements, lorsqu'il mourut (824). Son fils, nommé aussi El-Montaçar, lui succéda et vit son règne troublé par la révolte de ses fils. L'un d'eux, nommé Meïmoun, s'empara du pouvoir ou l'exerça simultanément avec son père [435].
[Note 435: ][ (retour) ] Ibn-Khaldoun, t. I, p. 262. El-Beki-i, passim.