[Note 494: ][ (retour) ] Ibn-Khaldoun, t. I, p. 263.
[Note 495: ][ (retour) ] Ibid., t. III, p. 198, 229.
[Note 496: ][ (retour) ] Ibid., t. I, p. 283.
[Note 497: ][ (retour) ] Ibid., t. I, p. 243.
Conquête des Fatemides dans le Mag'reb central.--Chute des Rostemides.--Lors du retour de l'armée chiaïte, après la délivrance du mehdi, un corps d'armée avait été laissé dans le Mag'reb central, sous le commandement du ketamien Arouba-ben-Youçof. Ce général ayant attaqué Yakthan, souverain de Tiharet, s'empara de cette ville et fit mettre à mort le prince Rostemide. Ainsi s'éteignait cette petite dynastie. En même temps, Tiharet cessa d'être le centre du kharedjisme eïbadite; les sectaires de ce schisme, poursuivis sans relâche par les Fatemides, durent émigrer vers le sud et chercher un refuge dans la vallée de l'Oued-Rir', en plein désert (910). Ils paraissent avoir été accueillis par les Beni-Mezab qui adoptèrent leurs doctrines.
Arouba combattit ensuite les tribus voisines, et les força à la soumission et à la conversion; puis il alla réduire une révolte qui avait éclaté dans le pays des Ketama, sous l'inspiration de quelques mécontents.
Douas-ben-Soulat, officier ketamien, laissé comme gouverneur à Tiharet, entra alors en relations avec les Beni-Mesguen, des environs d'Oran. Ceux-ci, ayant rompu avec les Oméïades, lui offrirent de lui livrer cette ville. Leurs propositions furent accueillies avec faveur et, peu après, les troupes fatemides s'emparaient d'Oran. Mohammed-ben-bou-Aoun, qui avait contribué à leur succès, en fut nommé gouverneur (910).
Il est assez difficile, au milieu de la confusion qui règne à ce sujet dans les chroniques arabes, de dire si cette expédition fut conduite par Douas ou par Arouba. Toujours est-il que le général du mehdi étendit l'autorité de son maître sur les tribus des Matmata, Louata, Lemaia et Azdadja de la province d'Oran. Peut-être même entrait-il, dès lors, en relations avec Messala-ben-Habbous, chef des Miknaça, qui devait être avant peu un des principaux auxiliaires des Fatemides dans le Mag'reb.
Vers le même temps, les habitants de Sidjilmassa se révoltaient contre les Fatemides et massacraient leur gouverneur, Ibrahim, ainsi que toute sa garde de Ketama.
Le mehdi fait périr Abou-Abd-Allah et écrase les germes de rébellion.--Cependant un grave dissentiment s'était élevé entre le mehdi et son fidèle serviteur Abou-Abd-Allah. Ce dernier, cédant, dit-on, à l'influence de son frère, Abou-l'Abbas, avait voulu s'appuyer sur les services rendus, pour conserver une grande influence dans la direction des affaires. Mais Obéïd-Allah n'entendait nullement partager son autorité avec qui que ce fût. Irrité de voir ses avis brutalement repoussés, Abou-Abd-Allah montra d'abord une grande froideur vis-à-vis de son maître; puis il se mit, avec plusieurs de ses chefs, à conspirer sourdement contre lui. Ces mécontents répandirent le bruit que le mehdi n'était pas l'instrument de la volonté divine, l'être surnaturel, dont le caractère devait se révéler aux humains par des miracles. «Nous nous sommes trompés à son sujet,--disaient-ils,--car, il devrait avoir des signes pour se faire reconnaître; le vrai Imam doit faire des miracles et imprimer son sceau dans la pierre, comme d'autres le feraient dans la cire [498]».