Ziri songea alors à se construire une capitale digne de lui et reçut à cette occasion les conseils et les secours du souverain fatemide, trop heureux de voir s'établir une puissance rivale de celle des Mag'raoua et destinée à servir de rempart contre eux.

Le fils de Menad choisit l'emplacement de sa capitale dans le Djebel-el-Akhdar (Titeri), près de Médéa, et lui donna le nom d'Achir. Lorsqu'elle fut achevée, il fit appel aux habitants de Tobna, de Mecila et de Hamza pour la peupler [534].

[Note 532: ][ (retour) ] Voir au chap. i, 2e partie, les subdivisions de cette tribu.

[Note 533: ][ (retour) ] En-Nouéïri, apud Ibn-Khaldoun, t. II, p. 487.

[Note 534: ][ (retour) ] Ibn-Khaldoun, Berbères, t. II, p. 4 et suiv. En-Nouéïri, loc. cit.; El-Bekri, art. Achir.

Succès des Edrisides; mort de Mouça-ben-Abou-l'Afia.--Dans le Mag'reb, les Edrisides consolidaient le pouvoir qu'ils avaient recouvré et l'autorité qu'ils tenaient du général fatemide. En 936, Kacem-Kennoun, chef de cette dynastie, s'emparait d'Azila et, pendant ce temps, son cousin El-Hassen rentrait en vainqueur à Tlemcen. Mouça, réduit à l'impuissance, suivait de loin ces événements, en guettant l'occasion de reprendre l'offensive.

Abd-er-Rahman-en-Nacer était alors retenu par ses guerres contre les rois de Galice et de Léon. La fortune, jusqu'alors fidèle, l'avait trahi, et il avait essuyé de sérieux échecs qu'il brûlait du désir de venger. C'est ce qui explique que ses partisans du Mag'reb restaient abandonnés à eux-mêmes [535].

En 938, eut lieu la mort de Mouça, «pendant qu'il travaillait, dit Ibn-Khaldoun, de concert avec son puissant voisin (Ibn-Khazer), à fortifier la cause des Oméïades». On ignore s'il fut tué dans un combat ou s'il mourut de maladie. Son fils Medine recueillit sa succession et reçut du khalife oméïade le titre platonique de gouverneur du Mag'reb. Il contracta avec El-Kheir, fils de Mohammed-ben-Khazer, une alliance semblable à celle qui avait existé entre leurs pères, d'où il y a lieu de conjecturer que ce dernier était mort vers la même époque.

[Note 535: ][ (retour) ] Dozy, Musulmans d'Espagne, t. II, p. 64 et suiv.

Révolte d'Abou-Yezid, l'homme à l'âne.--Abou-Yezid, fils de Makhled-ben-Keïdad, zenète de la tribu des Beni-Ifrene, fraction des Ouargou, avait été élevé à Takious, dans le pays de Kastiliya. Il était né, dit-on, au Soudan, du commerce de son père avec une négresse, dans un voyage effectué par Makhled pour ses affaires. Il avait fait ses études à Takious et à Touzer, où il avait reçu les leçons du Mokaddem (évêque) des eïbadites Abou-Ammar, l'aveugle. Il s'était ainsi pénétré, dès son jeune âge, des principes de ces sectaires et particulièrement de la fraction qui était désignée sous le nom de Nekkariens. C'étaient des puritains militants qui permettaient le meurtre, le viol et la spoliation sur tous ceux qui n'appartenaient pas à leur secte.