Population

Là où les anciens n'avaient vu qu'une série de peuplades indigènes, sans lien entre elles, les Arabes ont reconnu un peuple, une même race qui a couvert tout le nord de l'Afrique. Ils lui ont donné le nom de Berbère, que nous lui conserverons dans ce livre. Cette race se subdivisait en plusieurs grandes familles, dont nous présentons les tableaux complets au chapitre Ier de la deuxième partie.


ETHNOGRAPHIE


ORIGINE ET FORMATION DU PEUPLE BERBÈRE

La question de l'origine et de la formation du peuple berbère n'a pas fait un grand pas depuis une vingtaine d'années. Nous avons donc peu de chose à ajouter au mémoire publié par nous en 1871, sous le titre: Notes sur l'origine du peuple berbère [3]. De nouvelles hypothèses ont été émises, mais, on peut l'affirmer, le fond solide, sur lequel doivent s'appuyer les données véritablement historiques, ne s'est augmenté en rien, malgré les découvertes de l'anthropologie.

En résumé, que possédons-nous, comme traditions historiques, sur ce sujet? Diodore, Hérodote, Strabon, Pline, Ptolémée, ne disent rien sur l'origine des peuplades dont ils parlent; ils voient là des agglomérations de sauvages, dont ils nous transmettent les noms altérés et dont ils retracent les mœurs primitives, sinon fantastiques.

Un seul, Salluste, s'inquiète de la formation des peuples africains et il reproduit, à cet égard, les traditions qu'il prétend avoir recueillies dans les livres du roi Hiemsal, «écrits en langue punique». On connaît son système: L'Hercule tyrien aurait entraîné jusqu'au détroit qui a reçu son nom [4] des guerriers mèdes, perses et arméniens. Ces étrangers, restés dans le pays, auraient formé la souche des Maures et des Numides. Ces nouveaux noms leur auraient été donnés par les Libyens dans leur jargon barbare [5]. Les colonies phéniciennes établies sur le littoral auraient achevé de constituer la population de l'Afrique, en lui ajoutant un élément nouveau.