La province devait fournir le blé nécessaire à la nourriture des armées et des matelots employés à sa garde, procurer les logements nécessaires pour les soldats et même équiper parfois des auxiliaires.
Ces charges étaient du reste assez variables selon les localités. Ainsi, la plupart des villes de l'Afrique karthaginoise payaient la capitation, même pour les femmes [153].
[Note 152: ][ (retour) ] Cet impôt se perçoit encore sur les indigènes d'Afrique sous le nom d'Achour (Dîme).
[Note 153: ][ (retour) ] Duruy, Hist. des Romains, t. II, p. 177 et suiv.
Quant à la condition des personnes, elle était la même que dans le reste des conquêtes romaines. Le citoyen romain, qu'il provînt, soit des municipes d'Italie, soit des colonies romaines, était au sommet de l'échelle. Il recevait des concessions de terres qu'il faisait cultiver par l'esclave ou par le paysan. Les soldats étaient également pourvus de concessions, mais ils formaient des colonies purement militaires, où les civils ne pénétraient pas.
Le colon ou paysan, bien qu'il ne fût pas esclave, était généralement attaché à la glèbe. «Un certain nombre de gens du peuple était assigné sur chaque propriété (affixus, assignatus); leur personne suivait la condition de la terre. Les propriétaires s'appelaient leurs maîtres» [154]. Plus tard, ils recevront le nom de serfs.
La condition de l'esclave était particulièrement dure; ceux nés sur le domaine étaient un peu moins maltraités que ceux achetés.
[Note 154: ][ (retour) ] Lacroix, Revue africaine, N° 79, p. 23.
Chronologie des rois de Maurétanie.--Bokkus Ier règne sur les deux Maurétanies vers l'an 106 av. J.-C.
Vers l'an 80, ses deux fils lui succèdent et se partagent son royaume.