Les provinces, comme les cités, se choisissaient des patrons, personnages influents, chargés de défendre leurs droits dans la métropole.

Les villes étaient divisées en plusieurs catégories:

1° Les colonies romaines, dont les citoyens jouissaient de tous les droits et privilèges du citoyen romain, notamment de l'exemption du tribut.

2° Les municipes, dont les habitants, tout en profitant de la plupart des privilèges du citoyen romain, n'avaient pas le droit de suffrage.

3° Les colonies latines, dont les habitants avaient le droit d'acquérir et de transmettre la propriété quiritaire (jus commercii), mais qui ne possédaient pas le jus connubii, conférant la puissance paternelle sur les enfants. Leurs magistrats, à l'expiration de leur charge, étaient capables du droit de cité romain.

Il y avait encore les villes alliées, les villes libres et les villes exemptes d'impôts.

Les cités avaient, en général, la libre disposition de leurs revenus, sous la direction d'une assemblée de magistrats municipaux: la curie ou ordo decurionum, composée de notables qui conféraient, à l'élection, les honneurs ou fonctions dont ils disposaient. Le candidat, pour s'assurer leurs suffrages, était obligé de verser des sommes considérables dans la caisse municipale, et de promettre des fêtes et des travaux. Une fois élu, il supportait une partie des dépenses de la cité et était pécuniairement responsable de la rentrée de l'impôt. Il arriva un temps où ces honneurs, autrefois si recherchés, furent refusés et fuis par les citoyens, qui les considéraient, à bon droit, comme une cause de ruine.

Les terres ayant appartenu aux princes indigènes et celles qui provenaient de séquestre, avaient été incorporées au domaine du peuple romain. Le reste des terres était généralement laissé aux indigènes, mais à titre de simple occupation et à charge de payer une redevance représentative du fermage.

Les obligations des provinciaux étaient de quatre sortes: l'impôt personnel, l'impôt foncier, les douanes et droits régaliens, et les réquisitions.

L'impôt foncier, payable en nature ou en argent, devait représenter en général le dizième de la récolte [152]. L'Afrique rachetait en général cet impôt par une indemnité fixe en argent.