Le jour est fériau

Na, unau, nau!148

Note 147: C'est là (devant le foyer, l'âtre) que s'accomplit avant toute choses, la bénédiction du feu. Le plus jeune enfant de la famille s'agenouille devant le feu et prononce ces mots que son père lui a appris: "O feu! réchauffe pendant l'hiver les pieds frileux des orphelins et des vieillards infirmes, répands ta clarté et ta chaleur sur les pauvres et ne dévore jamais l'étaule (l'étable) du laboureur, ni le bateau du marin." En prononçant ces paroles antiques l'enfant verse dans le foyer une goutte de vin cuit. Courrier de Paris de L'Univers Illustré, annèe 18585.

Note 148: Une chose curieuse, c'est qu'en France ces couplets en l'honneur du Christ (les noëls, monuments de la poésie populaire et religieuse) se confondirent avec ceux que l'on chantait à la guillannée (au gui l'an neuf) et qu'il s'opéra ainsi une singulière fusion entre le culte des druides et la religion chrétienne. Le refrain d'un des plus vieux noëls cité par Rabelais, Le jour est périau, Na, unau, nau, reproduit précisément la consonance que, de corruption en corruption, le patois des provinces était arrivé à donner au cri druidique neu, nau et neau, en Poitou, et nei et noë en Bourgogne.

C'était les deux fossoyeurs Jean et Guillaume Legentilhomme, et les trois veilleurs de Rougemont, Jehan Duvert, Guillaume Séquart, Eustache Grossin.

Leur traîneau était évidemment de fabrique indienne, car, sur l'avant, recourbé comme la pince d'un canot d'écorce, il y avait une hideuse tête d'idole grossièrement peinte à l'ocre rouge.149

Note 149: "Ils (les sauvages) appellent leur dieu Cudragny." Voyages de Jacques Cartier, 1534 page 12. Voyages de Jacques Cartier, 1535-36, verso du feuillet 47.

Mais ce qui m'étonna davantage fut l'énorme tronche d'arbre qui chargeait la voiture; à ce point qu'elle paraissait écrasée, encavée dans la glace par la pression accablante du fardeau.

Je vis alors Jacques Cartier, suivi de son état-major, faire gaiement le tour du cercle des compagnons mariniers et charpentiers de navires.

Puis il s'écria d'une voix joyeuse: Eh! bien posons-nous la bûche, enfants?