Étoile de la Mer, Notre Dame de Roc-Amadour, soyez notre Boussole.

O Providence! marchez devant nous sur les eaux ténébreuses de l'Atlantique.

O feu sacré! que la clarté de ta lointaine lumière ait un reflet à nos foyers; que la joie de tes étincelles, le rire clair de tes flammes, soit pour les âmes oublieuses et les mémoires distraites un écho des gaietés anciennes, une gracieuse image des bonheurs chantants de la jeunesse.

O feu sacré! que ta puissante chaleur rayonne sur les amitiés glacées par l'absence, l'exil, la mort.

O feu sacré! brille avec joie, avec éclat, avec ardeur pour ceux-là d'entre nous qui ne reverront plus le ciel de la Bretagne et les terres heureuses du royaume de France; que la vision de leurs foyers se lève devant eux et passe lentement dans tes flammes; qu'ils reconnaissent à ta lumière confidente les ombres tardives des ancêtres portant dans leurs bras leurs petits enfants; qu'ils soient longtemps à regarder leur cortège; et que le cortège lui-même se repose et s'arrête à leur sourire.

Sol étranger, terre païenne! garde aux trépassés de notre équipage le rafraîchissement, le repos, la lumière, la paix des cimetières bénis de la Bretagne. Que jamais il n'advienne à nos chers morts d'être encore plus ensevelis dans notre mémoire que sous tes neiges éternelles!...

ÉPILOGUE


Jacques Cartier parla-t-il encore longtemps de la sorte?

Je vous avoue aujourd'hui n'en savoir plus trop rien. Pas aussi longtemps, je crois, que je demeurai là, sur la neige, immobile et songeur, m'amusant à suivre, dans le spectacle grandiose du feu de joie, de merveilleux effets de coruscation.