Soudain retentit ce cri sec et bref, sans écho, rapide comme un coupé de fleuret, le même entendu tout à l'heure.
Instantanément, et tous ensemble, les huit compagnons mariniers, par un puissant effort, levèrent à hauteur de bras la colossale pièce de chêne. La bûche de Noël, suivant l'implusion de sa vitesse acquise, vint tomber au franc milieu du brasier, soulevant dans sa chute une poussière éblouissante d'étincelles.
Et tous les matelots se mirent à danser alentour du feu de joie, brandissant leurs torches empanachées de fumées et de flammes, criant avec allégresse, avec délire: Malo! Malo!! Noël! Noël!!
Alors Jacques Cartier, s'approchant des charbons rutilants du brasier, s'écria: Bûche bénie! rallume le feu!
Et le Capitaine-Général ajouta les paroles traditionnelles.
O feu sacré! que la santé revienne à tous.
Que nos trois vaisseaux reprennent la Mer.
Que le vent soit favorable jusqu'aux rivages de la Bretagne.
Que nos parents, nos amis, nos bienfaiteurs, nos frères de France, vivent jusqu'à notre retour.
Mon Dieu, souvenez-vous du Roi, François Ier, notre maître, votre serviteur.