Ce fut un vendredi, le 3 août 1492, que les caravelles du Génois quittèrent Palos et la terre d'Espagne, et ce fut un vendredi le 12 Octobre 1492, que le Nouveau-Monde apparut aux vigies de la Pinta! Cette découverte fut le plus grand événement de l'âge moderne. Les siècles à venir n'en produiront jamais un plus fameux!

Ce fut un vendredi, le 28 juillet 1606 que la charrue de Louis Hébert, laboura pour la première fois le sol fécond de notre bien-aimée patrie.23 Après trois siècles de récollets débordantes et d'exubérantes moissons, la prodigieuse terre du Canada n'est pas encore épuisée que je sache. Dites-moi la date où elle deviendra stérile? Prenez garde, jeune homme, que ce ne soit un vendredi!

Note 23: "Le vendredi, lendemain de notre arrivée (27 juillet 1606), le Sieur de Poutrincourt affectionné de cette entreprise (l'établissement de Port Royal en Acadie) comme pour soi-même, mit une partie de ses gens en besogne, au labourage et culture de la terre, tandis que les autres s'occupaient de nettoyer les chambres et chacun appareiller ce qui était de son métier. Ce coup de charrue est le vrai commencement de la colonie française en Acadie."--LESCARBOT. "Louis Hébert, apothicaire de Paris, avait accompagné Poutrincourt dès 1604, et c'est probablement lui qui dirigea les travaux d'agriculture dont parle Lescarbot... Nous retrouvons Hébert en Acadie et plus tard à Québec, car il fut le premier laboureur de ces deux contrées, et les Acadiens comme les canadiens voient en lui le colon fondateur de leurs races." Benjamin Sulte: Histoire des Canadiens-Français, Tome Ier, chapitre III, page 63.

Louis Hébert paraît être né à Paris, où il avait épousé Marie Rollet. En 1606, il passa à l'Acadie et Lescarbot en parle dans les termes suivants: (liv. IV): "Poutrincourt fit cultiver un parc de terre pour y semen du blé à l'aide de notre apothicaire, Louis Hébert, homme qui, outre l'expérience qu'il a en son arte, prend grand plaisir au labourage de la terre." Ferland: Notes sur les Régistres de Notre-Dame de Québec, page 9.

Ce fut un vendredi, le 24 avril 1615, que le Saint-Étienne partit de Honfleur avec Denis Jamay, Jean Dolbeau et Joseph Le Caron, les trois premiers missionnaires du Canada.

Ce fut un vendredi, le 26 juin 1615, que la première messe fut dite à Québec. 24

Note 24: Il faut excepter les messes dites, pendant l'hivernage des vaisseaux de Jacques Cartier, en 1535-36, par les aumôniers de la flotte, Dom Anthoine et Dom Guillaume Le Breton.

Ce fut un vendredi, le 6 juin 1659, que François de Montmorency Laval, notre premier évêque, arriva à Québec.

Ce fut un vendredi, le 20 octobre 1690, que Frontenac chassa des battures de la Canardière les miliciens de la Nouvelle-Angleterre, et les força de se rembarquer, dans le désordre d'une folle panique, sur les vaisseaux de l'amiral Phips.

Ce fut un vendredi, le 13 septembre 1697, que le héros de la Baie d'Hudson, Iberville, enleva le fort Nelson aux Anglais.

J'en passe, et des meilleurs. Et pour cause. J'entasserais dates sur dates, j'accumulerais éphémérides sur éphémérides, je couvrirais trois fois d'événements heureux, le nombre de vos jours néfastes et de vos quantième fatidiques, que je ne prouverais rien du tout, le nombre de vos jours néfastes et de vos quantièmes fatidiques, que je ne prouverais rien du tout, soit à l'encontre de votre utopie, soit à l'appui de la mienne. Étudiez l'histoire du pays et vous trouverez que les actions décisives, politiques ou militaires, les irrémédiables désastres, les catastrophes finales, échappent absolument é la prétendue funeste influence du jour qui nous occupe. La première bataille des Plaines d'Abraham 25 fut livrée un jeudi.