Note 76: Dague à rouelle: "Long poignard espagnol garni d'une forte garde en forme de roue." Bouillet.--Dictionnaire des Sciences, des Lettres et des Arts, au mot dague.
Note 77: Et après se être entre saluez, se avança le dit Taiguragny de parler et dit à nostre cappitaine que le dit seigneur Donnacona estoit marry (mécontent) dont le dict cappitaine et ses gens portoient tant de bâtons de guerre (arquebuse) parce que de leur part n'en portoient nuls (aucun). A quoi leur respondit le dict cappitaine que pour leur marrisson (en dépit de leur mécontentement) ne laisseraient à les porter et que c'estoit la coutume de France et qu'il le sçavait bien. Voyage de Jacques Cartier, 1535-36, verso du feuillet 15, édition 1545.
Au-dessus de l'autel se dressait un baldaquin ingénieusement fabriqué, de toutes pièces, avec les agrès de la flottille. La hauteur du pont était si petite cependant, que l'artiste-décorateur avait été contraint de remplacer le dôme du baldaquin par le ciel du dais, figuré, au-dessus de l'autel par une petite voile rectangulaire, tendue raide comme une banne. Au centre prés de cette banne il y avait, comme une fleur d'architecture dans une voûte d'église, le mot Saint Malo écrit en cordages, avec une torsade d'amures alentour. Trois grandes voiles, rattachées à cette banne sous une bouffante garniture de bonnettes, fermaient comme des draperies, le fond et les deux côtés de ce baldaquin improvisé. Celles de droite et de gauche au lieu d'être relevées, en rideaux de fenêtres, par une patère, retombaient lâches et flasques sur le parquet de la chambre, en voilures de navires séchant à la brise et pendues, comme le linge des buanderies, à toutes les vergues de la mâture.
Ils ont eu là une excellente idée, remarqua Laverdière, de remplacer les lambrequins par et des bonnettes. Elles donnent un bel effet, très naturel. Elles bouffent! elles bouffent!! comme si, dans la précipitation de la manoeuvre et les joies délirantes de la découverte, les matelots eussent mal cargué les voiles, emprisonné, par mégarde, dans leurs plis, un peu de vent soufflé là-bas, en plein Atlantique, par la dernière brise de mer.
Laverdière ajouta: Les bonnettes appartiennent à la Grande Hermine ainsi que la grande voile qui fait draperie à la gauche du baldaquin. Celle de droite, est la misaine de l'Emérillon. La toile du fond, celle qui tombe à l'arrière de la panoplie et sur laquelle les armes se détachent en éventail appartient au Courlieu.
Je le regardais avec étonnement. Eh! comment savez-vous cela, lu dis-je?
Rien de plus simple, s'écria le maître-ès-arts, les trois voilures sont marquées, tout comme un linge de bonne maison, aux armes, aux chiffres, aux lettres de la famille ou de la flotte. Seulement ici, c'est un symbole, une légende qui tiennent lieu de signature.
Et comme je ne comprenais pas encore: Venez voir, dit-il, approchez.
Je marchai avec lui au pied de l'autel. Voyez-vous, dit alors Laverdière, sur la toile grise des bonnettes ce petit quadrupède dépeint à l'encre et qui ressemble à une martre? C'est une hermine. Regardez ici maintenant, on le retrouve encore près de ce ris de la voilure, juste au centre de la draperie gauche du baldaquin. Évidemment ces morceaux de voilure appartiennent à la nef-générale, la Grande Hermine. L'hermine est d'ailleurs l'animal noble par excellence, l'animal héraldique de la Bretagne. Voilà sept cents ans qu'elle en blasonne le manteau de ses ducs et les quartiers de son royal écu.
Regardez maintenant, au fond du dais, cet oiseau dessiné sur la voile.