Il y eut un silence ; Delphine s’était arrêtée de chanter. Tout à coup elle fut serrée près du berceau : Baveille, penché sur son épaule, murmurait :
— Il y aurait un moyen si tu étais sage… hé ! hé ! dis donc… on pourrait s’arranger.
Prestement, elle s’esquiva, point trop fâchée encore, croyant à une plaisanterie de lourdaud.
— Tâchez de rester tranquille, vieux malhonnête !
Alors, lui, tirant de dessous sa blouse une tablette : de chocolat, un petit sac de café et du sucre, posa le tout sur la table !
— Tiens, la… belle ! fit-il… quand on est jo… jo… lie, on s’arrange ; et il y en aura d’au… d’au… d’autres… Je ne suis p… p… pas méchant, moi, j’ai pitié d… d… des pauvres gens qui ont d… d… d… des drôles malades.
Rouge, la bouche tordue de bégaiements, il s’avança les mains écartées, mais Delphine, soudain révoltée, se dressa, frémissante :
— Ah ! c’est pour ça ! Parce qu’on est malheureuse, vous croyez que ça peut réussir ! Eh bien, venez-y, sale vieux !
Et comme une main velue l’agrippait à la taille, elle frappa de toutes ses forces, égratignant, visant les yeux. Baveille recula ricanant.
— Oh ! oh ! la m… m… méchante !