— Il faut que je me sauve, dit-elle ; je ne veux pas faire attendre le patron.
— Ah bah ! Tu te moques de nous !
— Elle ne s’en ira pas ! cria le petit gars trapu ; je la tiens !
Mais elle se dégagea.
— Non ! laisse-moi, Pierre ; il est tard ; si je manque l’heure, on partira sans moi ; il faut que je me sauve ; au revoir !
Déjà elle était dans l’escalier, dans l’escalier sombre, où elle ne distinguait plus rien du tout, cette fois, à cause des larmes qui lui emplissaient les yeux. Puis, ce fut la foule encore. Elle s’achemina vers l’auberge où Pitaud devait l’attendre. Elle était lasse, lasse à ne plus pouvoir avancer ; elle pensait que cela ne lui ferait rien de mourir.
Pourtant un doute lui venait : Séverin n’était peut-être là-haut que pour accompagner des amis et pour rire un peu, pour voir ; elle y était bien allée elle-même ! Alors, pourquoi s’enfuir si vite, comme une sotte ? Voici qu’elle s’accusait maintenant, mais que faire ?
Elle approchait de l’auberge ; la foule à cet endroit était beaucoup plus claire ; comme elle avait encore une demi-heure à dépenser, elle musa un peu. Tout à coup, elle sentit que quelqu’un venait vite et la dépassait, puis un grand coup au cœur : Séverin était devant elle, lui barrait la route.
— On ne passe pas ! dit-il en étendant les bras.
Il riait.