Il y avait, dans ce grenier, plus de quarante couples. Quelques-uns dans le fond, près des solives, s’étreignaient à pleins bras en se cachant la figure ; mais la plupart n’allaient point aussi loin. Il y avait des garçons tout jeunes, des enfants presque, qui étaient venus avec de grandes filles pour faire les hommes ; timides d’abord, hésitant à risquer un baiser, ils devenaient très vite acharnés et ne voulaient plus démordre. Rien de chaste, en somme, mais rien de bien grave non plus.

Beaucoup étaient là par point d’honneur et aussi pour voir, comme disait Marie ; on riait surtout.

— Ainsi, disait Séverin, tous les gens de là-bas sont à cette foire ?

Il s’était tourné vers ces gens de « là-bas » et la fille qu’il accompagnait boudait en refaisant les plis fripés de son corsage.

— Es-tu venue à pied, Marie ?

— Que non ! répondit Guirette ; je ménage mes bottes fines. J’ai profité de la voiture des Albreteau.

Elle ajouta en riant :

— Delphine, elle, a pris la place de la Pitaude dans le char à bancs des Pelleteries, un vrai tapecu : ça secoue ! ça secoue ! Elle n’a pas ri de la journée, tant elle a eu la bile émue !

De fait, malgré son bon vouloir, elle ne riait pas franchement, la pauvre Delphine. Elle n’avait qu’une idée : s’en aller, s’en aller bien vite !

Ayant bu une gorgée :