Elle l’interrompit :
— Pas même Séverin ! Parle-moi donc de la Marichette, et tâche de ne pas rougir.
Il se mit à rire.
— Oh ! tu sais, Delphine, tu as grand tort de croire à ces contes ; je sais bien qu’on a mal parlé de moi dans le temps, mais il y avait beaucoup de menteries dans ce qu’on disait. Je ne pouvais pas empêcher cette fille d’être gagée à Jolimont et de se trouver sur ma route quand je revenais des champs de la Butte. Qu’est-elle donc devenue, cette grosse Mariche ?
Elle répondit d’un air tranquille de vierge instruite et sensée :
— Ce qu’elle est devenue ? Rien de bon. Il lui est arrivé ce qu’elle cherchait, pardi !
— Elle a un drôle ?
— Non pas un, mais deux, deux bessons qui sont nés vers le mardi gras. Le plus beau, c’est qu’elle n’en connaît pas au juste le père. Elle s’en moque, du reste ; une vraie honte ! Oh ! cela m’a beaucoup chagrinée, qu’elle eût été ta bonne amie.
— Tais-toi, Delphine, tu ne sais pas ce que tu dis. La vraie vérité, c’est que je t’ai toujours eue dans l’idée depuis mon retour du service. J’avais été hardi le premier soir, t’en souviens-tu ?
— Oh ! oui ! dit-elle en riant ; mais après ?