— Tu n’es pas beau ! dit Madeleine ; pourquoi parles-tu mal des Dissidents ?
— Ils ont des oreillers de plume de poule et pas de clous à leurs sabots… pas de lard dans le charnier… Veux-tu du fricot, Jules ?… Une petite bouchée avec du pain… Va-t’en Jules ! nous n’en avons pas, nous sommes ruinés, nous ne pouvons pas payer nos dettes… Pas riche, ça !
Madeleine, amusée, lui tendit un gros morceau de pain avec une tranche de lard. Il se mit à manger d’un si bel appétit que Lalie elle-même en fut émerveillée.
Madeleine lui posa les questions habituelles :
— Quel âge as-tu donc maintenant, Jules ?
— J’ai tiré au sort à 21 ans ; comptez, à présent.
— Jules, dit Madeleine, est-ce vrai que tu te maries ?
Il était si bien lancé qu’il se contenta de répondre :
— Je suis innocent, Dieu me protège.
— On m’a dit ça, pourtant… on m’a dit que le maire devait te marier…