— Je vous remercie madame ; si je repasse en ce pays, j’espère que vous aurez encore l’amabilité d’examiner ma marchandise.

Puis, ayant salué bien poliment, il saisit son fouet et ses chevaux démarrèrent.

Madeleine grondait en s’en retournant à la maison :

— Des femmes pareilles, on devrait les envoyer aux galères. Heureusement qu’il n’y en a guère comme ça, en ces côtés !… Quel pays cela doit être, cette Auvergne !


Le dimanche fut une journée de lumière. Le ciel était bleu ; le soleil donnait la fête.

Le vent venait en musant ; il se coulait dans les champs de blé et balançait, tous à la fois, les épis verts barbelés de jaune ou bien ils les secouait un par un comme pour les compter ; puis il remontait et se mettait à papillonner dans les branches.

Les haies s’étaient pavoisées, avaient sorti leurs feuilles les plus fraîches ; les fleurs luisaient, grandes ouvertes et de bel apprêt ; jusqu’aux petites herbes des talus qui s’étaient mises en frais ; il fallait les voir se dresser sur leurs tiges et faire les belles ! Les oiseaux chantaient comme des fous.

Madeleine marchait lentement tenant Jo par la main ; de temps en temps elle le prenait dans ses bras et le portait un petit bout de chemin ; Lalie trottait devant eux et ses cheveux frisés sautaient sur ses épaules.

Un coucou chantait dans un cerisier à un détour de la route ; Lalie s’approcha en tapinois pour l’épier, mais l’oiseau s’envola brusquement et alla se percher plus loin.