Coucou ! Coucou !

La petite se retourna, les yeux illuminés :

— Nêne ! entends-tu celui-ci ? Je pense que je lui ai fait peur !

Elle ajouta, en sautant dans la lumière :

— Je suis contente ! viens Jo !… On s’amuse !… Venez tous les deux !

Jo la rejoignit et se mit à appeler avec elle :

— Coucou ! coucou !… Où es-tu coucou ?

Madeleine les regardait courir devant elle et elle les trouvait beaux comme des enfants de riches.

Elle leur avait mis les bas neufs et leurs petites jambes paraissaient au travers ; au dernier moment, elle avait encore cousu à la culotte de Jo une double rangée de boutons de nacre ; sur son bras, elle portait les deux sarraus qu’elle avait achetés au pauvre marchand.

Elle aussi avait fait sa toilette. Elle avait mis sa jupe des dimanches et son tablier de soie. Quand le vent passait, les rubans de sa coiffe lui claquaient sur la figure. Elle marchait en levant la tête et elle était heureuse tant qu’elle pouvait.