Toute sa ruse au guet, Boiseriot questionnait Violette. Chaque parole qu’il lançait cachait un piège où elle ne pouvait manquer de se prendre… mais jusqu’à présent elle avait tout esquivé et quant à lire en ses yeux, c’était chose impossible.
— La mâtine, pensa Boiseriot, elle a de l’aplomb ! Je n’arriverai pas à connaître ses idées.
Il perdit patience.
— Toi, ma filleule, dit-il, tu n’es pas facile à confesser ; celui qui y réussira sera plus fin que moi.
Et puis quittant ce ton chagrin, il leva la tête pour l’attaque directe.
— Pour te confesser, toi, il faudrait un vieux curé bien rusé qui en aurait entendu de toutes les couleurs et qui saurait démêler sa laine… Non, ce n’est pas un jeune abbé qu’il te faut, n’est-ce pas, petite ?
Violette eut un vif mouvement de tête, elle devint blanche et sa parole siffla.
— C’est à cela que vous vouliez en venir ?
Il eut l’air très surpris.
— Mais tu te fâches, je crois bien !… Qu’est-ce que je t’ai dit ? Je ne vois pas…