Elle finissait à neuf heures du soir, quelquefois à dix, alors que les hommes dormaient déjà.

Elle savait tout ce qu’il faut faire dans une maison pour les gens et les bêtes, mais, pour combiner les choses, elle manquait d’habitude.

Elle manquait bien un peu d’adresse aussi. Par exemple elle ne savait pas faire manger les oisons dans sa main, les forcer devant leur pâtée de son et d’orties. Quand l’ondée menaçait, elle courait bien dans l’aire après ses poulets, secouant son mouchoir d’une main, son tablier de l’autre :

— A l’abri, mes petits, à l’abri !

Mais elle fonçait tout droit et trop vite. Les poulets, avec des piaulements d’effroi, se dispersaient autour du pailler ; les poules mères, les plumes gonflées se mettaient en colère ; Madeleine aussi… et l’ondée venait.

Alors Lalie paraissait sur le seuil :

— Jo pleure !

Madeleine n’entendait pas.

— Jo crie !… Voilà !… Lalie l’a pas battu !

Madeleine pensait :