— Lalie ! Lalie ! A midi, tu prendras ta capeline !
Toutes les têtes se retournèrent. Qui était celle-ci dont on ne voyait, au-dessus de la muraille, que le haut de la figure ? La demoiselle haussa les épaules ; Lalie se mit à sourire en rougissant… et ce fut elle qui la première recommença le jeu.
Derrière la muraille, les cheveux blonds et les yeux gonflés disparurent.
— Elle est déjà habituée… J’en suis contente ! Elle ne pense déjà plus à moi… Il faut voir comme elle embrasse la demoiselle ! J’avais de la crainte et cela va très bien… Tant mieux ! Je suis contente, bien contente !
Sur la route des Moulinettes, Madeleine murmurait : « Je suis contente ! » et de grosses larmes lui brouillaient la vue.
De cette première journée d’école Lalie fit tout un conte.
— Si tu savais, Nêne, comme on s’amuse ! La demoiselle m’a fait chanter ; elle a dit que je serais la première.
— Tu l’aimes déjà, la demoiselle ?
— Oh oui ! elle est mignonne ! Quand on l’embrasse, ses cheveux, sentent bon… Elle m’a donné une rose en papier.
— Comme celle que je t’avais achetée à l’assemblée de St-Ambroise ?