Boiseriot accourait de la grange avec une lourde barre de fer. Madeleine arrivait aussi ; assise entre deux vaches elle s’était levée au premier cri, renversant son escabelle à traire et laissant tomber son seau. Elle attaqua le taureau par derrière, essayant de lui réunir les pattes et de le renverser ; repoussée, elle roula sur la litière.

Boiseriot tapait avec sa barre, mais vainement, gêné par Gédéon qui se cramponnait à la corne et au mufle.

Corbier enfin put crier :

— Une corde !

Madeleine venait d’y songer. Elle courut à la grange, revint avec une courroie. Le taureau se ramassait pour un dernier effort. Profitant de ce qu’il venait de rassembler les pattes, elle noua vivement la courroie et se rejeta en arrière.

— Boiseriot !

Le gars se retourna.

— Accotez ! dit-elle ; je vais le coucher.

Au fond des mauvais yeux, une courte flamme passa ; elle en fut saisie.

— Dépêchez-vous ! cria-t-elle d’une voix blanche.