Alors, tout de même, il mit son épaule contre la hanche du taureau et, Madeleine tirant brusquement, la bête s’abattit.
Corbier sortit par le râtelier. Il n’avait pas grand mal. Il s’efforçait de rire, très pâle, l’haleine encore coupée. Les valets riaient aussi. Gédéon essuyait sa main droite qui s’était ensanglantée aux naseaux de la bête, Boiseriot regardait Madeleine et Madeleine tremblait si fort, maintenant, qu’elle était obligée de s’appuyer au mur.
Michel dit enfin :
— Merci… vous autres ! Je ne peux pas parler… Je vais boire une goutte.
Il sortit de l’étable et Madeleine le suivit.
Elle revint au bout d’un petit instant.
— Eh bien, dit Gédéon, ça va mieux ?
— Oui, ça passe… depuis qu’il a bu… moi, je ne peux pas me raffermir.
Elle releva son escabelle et se remit à sa besogne. Boiseriot qui apportait une brassée la regarda. Remarquant que, dans son trouble, elle s’acharnait sans y prendre garde sur la mamelle d’une vache déjà traite, il eut un sourire cruel ; et il murmura en la frôlant :
— Tu as eu peur pour lui, hein !… Picotée, picotée du diable, à ta porte, j’amènerai le charivari !