« Un rossignol vient dans ma main,

« M’est avis que je vole, Colin !

Jo voulait chanter aussi ; Lalie faisait Yôu, Yôuôu !

« Puis il me dit dans son latin,

« M’est avis que je vole !

La douceur était sur Madeleine comme une main posée. Elle sentait trembler en sa poitrine une joie sans cause, une joie vaste et pourtant fragile. A dix-huit ans, le matin des assemblées de jeunesse, elle était ainsi, légère comme un passereau.

— Ah ! folle que je suis ! pauvre abeille mouillée ! hirondelle de la Toussaint !

« M’est avis que je vole !

Les petits se suspendaient à son cou, criant, poussant, tapant, avec des rires, de grands efforts gauches. Elle se laissa choir, livra sa tête ; et, tout un moment, elle joua avec eux, étourdie de tendresse.

— Madeleine ! viens voir ! hé ! Madeleine !