— On n’en peut plus ! Tiennette ! Tiennette ! viens m’aider !

— Ch’ti gars ! disait la petite, si tu salis ma collerette, je te baillerai ma main sur les oreilles.

Mais, tout émoustillée, elle se tenait dans le corridor à son passage.

— Tiennette, verse-moi à boire… Tiennette, la cuisine sent le brûlé…

— C’est bien bon pour toi… A quelle table manges-tu, mauvais protestant ?

— Oh ! moi !… à la table où tu viendras apporter la soupière.

— A la table des mange-viande, protestant du diable !

— Tiennette, au lendemain du Carnaval, je mangerais bien tes joues !

Il disait des plaisanteries simples et un peu joviales dont elle faisait semblant de se fâcher. Et il l’embrassait aisément quand elle était seule devant lui.

Les cinq autres n’étaient guère moins turbulents et ils s’attaquaient eux aussi à Tiennette, mais elle les rabrouait à grands cris et comme ils étaient tout jeunes, ils n’osaient pas avancer leurs mains noires.